Apocalypse sauce ketchup

Quand Paul McCarthy s’installe dans un musée, il ne le fait pas qu’à moitié
(encore moins en douceur)
Et c’est au tour du S.M.A.K. le musée d’art contemporain de Gent, violé et mutilé avec rage, de se présenter aux spectateurs tel un champ de bataille.

(à l’abordage !)

Le Pirate Project, installation inspirée d’une attraction de Disneyland (inspirée elle-même du film avec Johnny Depp) ouvre les hostilités. C’est l’invasion d’un village mise en scène dans une performance burlesque et brutale ou encore un immense bateau en fibre de verre submergé par une multitude de projections vidéos plus oppressantes les unes que les autres.

McCarthy montre, de façon allégorique, tout ce qui pirate les yeux, les désirs, la vie comme la violence, le porno omniprésent…
Tous les excès et abus de la société de consommation en insistant sur les figures populaires américaines
(puisqu’il est américain)
Ainsi en prennent pour leur grade les Mickey, Michael Jackson, Bush et autres séries TV pleines de bons sentiments.
Ces idoles sont sublimées par l’utilisation de tête carnavalesque ou de masque derrière lesquels toutes les transgressions sont possibles.
Le nez grotesque devient pour sa part une prolongation libidinale, incarnant également un reste pathétique d’intuition face au surplus d’une civilisation occidentale qui étouffe.
(seul et dernier radar qui reste à l’homme pour ressentir son humanité ?)

Paul McCarthy aime avaler la culture de masse pour mieux la vomir ensuite à coup d’orgie Pop sur fond de ketchup, de mayonnaise et autre tonne de chocolat liquide industriel avec lequel il joue à splosher tout ce qui bouge à défaut de se splosher lui-même et ses acolytes.
Parce que McCarthy n’épargne personne. À coups de vidéos projetées sur tous les murs, à coups de bandes son agressives aux cris étranges et inhumains, à coups aussi de sculptures figuratives (limite kitch) et d’installations géantes tout droit sortis de ses plus beaux cauchemars.

En insistant sur la face de la société la plus violente et perverse, il (sur)joue des performances grand-guignolesques des plus laides et répugnantes.
Et quand justement tout le monde s’accorde sur une beauté surréelle et formatée, il nous renvoie à nos laideurs individuelles.

Malgré tout, il faut bien avouer que la fascination du monde de McCarthy est plus irrésistible que tous les “courage, fuyons” qui se bousculent au bord des lèvres de tout être normalement constitué suite à une exposition aussi apocalyptique.

(pire) (on en redemande encore)

Paul Mc Carthy, Head Shop / Shop Head, Works 1966-2006
Au S.M.A.K. à Gent jusqu’au 17/02/08

2 réponses vers “Apocalypse sauce ketchup”

  1. Bonjour ma jolie :)
    Gent, le I love Techno et Paul Mc Carthy… j’en connais une qui a du flair!

  2. L’odeur du chocolat… Que veux-tu…

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